lundi 5 septembre 2011

Les zinzins de l'assiette d'Audren


Paru le: 24/02/2011
Éditeur: École des Loisirs (L')
Collection: Neuf
ISBN: 978-2-211-20509-2
Nb. de pages: 83 pages

 Voir le site de l'auteur








Quatrième de couverture:

Notre mère ne sait pas cuisiner.
Mais alors pas du tout. Quand elle rentre fatiguée du bureau, c’est tous les soirs le même menu : raviolis en boîte et yaourts sans goût. Mes trois frères et moi lui avons pourtant offert un livre de recettes pour son anniversaire, mais rien n’y fait, elle refuse de l’ouvrir. Nous, on rêve de boeuf bourguignon et de clafoutis aux cerises. La seule solution est d’enfiler le tablier et de se mettre aux fourneaux.
Mais on ne devient pas cuistot d’un coup de baguette magique. Pourtant, nos tentatives culinaires
semblent avoir un effet positif sur le moral de notre mère. Elle sourit beaucoup plus qu’avant, les yeux perdus dans le vague. Et elle n’hésite pas à inviter un nouvel ami à dîner...

À l'heure où la cuisine est mise à l'honneur: programmes télé, livres à foison, concours en tous genres... Audren a fait le choix de mettre en lumière une famille mono parentale où la mère ne sait même pas faire cuire des pâtes correctement. Les vrais gastronomes sont ceux en culottes courtes et il y a de la rebellions dans l'air.

Milos découvre ce qu'est un vrai repas lorsqu'il se rend chez son copain Arnold un mercredi toutes les deux semaines avant le foot. Là, il en prend plein les papilles et le contraste avec chez lui est tellement saisissant, qu'il entraîne ses frères à se mettre aux fourneaux. Il suffira d'un livre de cuisine pour mettre un peu de gaieté dans leur quotidien. Il faut dire que leur maman est une féministe pure et dure qui ne voit pas pourquoi sous prétexte que c'est une femme, elle devrait se "tuer" à la cuisine ou autres tâches ménagères ingrates. Aussi, cette adepte de pizzas surgelées ou de plats tout fait, préfère -t-elle se consacrer à son travail et le reste est accessoire. La maman de Milos vit seule, ses enfants sont nés de quatre pères différents, la vie n'est pas toujours simple à gérer pour elle. Quand les enfants vont prendre les choses en main, de nouvelles querelles vont voir le jour, et cela ne se fera pas sans casser quelques oeufs... surtout quand un ingrédient surprise va pointer le bout de son nez.

J'ai adoré ce roman d'Audren. J'aime sa façon de parler de la vie courante, de mettre en lumière  des vies écorchées. C'est bien écrit, rythmé et très "goûteux". Derrière l'importance du "bien manger", se cache en fait un besoin de retrouver un équilibre familial. La maman est tellement centrée sur ses propres problèmes qu'elle ne voit pas le mal être de ses garçons. Elle est très maladroite avec eux, elle ne sait pas trop comment s'y prendre car elle même  a reçu une éducation très féministe qui ne l'avait pas préparé à se retrouver mère célibataire de quatre "spécimens mâles". Elle met en avant cette éducation dès que ses garçons lui demandent de cuisiner comme un bouclier aux vrais problèmes.
Je trouve que sans en avoir l'air beaucoup de problèmes de société sont abordés en douceur et sans jugements. La deuxième partie du roman est assez drôle et on se demande bien comment tout cela va finir.
À lire sans attendre!
Un grand merci à Sylvie et à l'Ecole des Loisirs pour cette charmante découverte.

2 commentaires:

  1. Oui, et c'est plutôt original de parler de la malbouffe sous cet angle ! Et comme tu le soulignes, c'est surtout un prétexte pour faire ressortir de problèmes de société bien plus profonds...

    RépondreSupprimer
  2. Complètement d'accord ! j'ai tellement aimé qu'il est dans la sélection du prix de lecture jeunesse de la Médiathèque où je travaille. Je n'en dis pas plus ! à lire !

    RépondreSupprimer