vendredi 29 juillet 2016

Vends maison de famille de François-Guillaume Lorrain

Date de parution : 02/03/2016
Éditeur : Flammarion
ISBN : 978-2-08-137598-7
EAN : 9782081375987
Format : Grand Format
Présentation : Dos carré collé
Nb. de pages : 214 pages
Poids : 0.24 Kg
Dimensions : 13,5 cm × 21,0 cm × 1,5 cm
Prix: 18€

Note: 4/5


Quatrième de couverture:

"Oui, je voulais bazarder cette maison. J'avais mes raisons. Autrement dit : des souvenirs." En faisant le portrait d'un homme partagé entre l'amour qu'il porte à sa mère et ce refus d'héritage qu'il lui oppose, François-Guillaume Lorrain nous raconte une histoire aussi singulière que collective, celle d'une maison de famille.

Le narrateur, Guillaume, voue à Maulna, la maison de campagne située en Normandie, une aversion incontrôlable. A la suite d'une lourde chute, sa mère, soixante seize ans mais vaillante comme une jeunette, se casse le col du fémur et se retrouve dans l'incapacité de s'occuper de sa propriété, charge devenue trop lourde pour elle.
C'est l'occasion de remettre la vente de Maulna sur le tapis. Sujet déjà évoqué, puis écarté, quinze ans auparavant à la mort du patriarche, sujet de discorde entre la mère et ses enfants.
Le narrateur n'a que de pénibles souvenirs là-bas. Un père, médecin, qui exploitait ses enfants le week-end pour entretenir le jardin, tailler les haies, récolter les fruits etc. Un père sans aucun geste tendres ou parole réconfortante, préférant ses moutons à ses propres petits, se montrant intransigeant et exigeant au delà du raisonnable. Un père à la main leste et une mère passive.
La vente de Maulna serait l'occasion d'effacer tout ce lourd passé. Lui qui a toujours vécu à l'étranger pour fuir sa famille, préférant vivre dans les livres d'histoire avec les rois et les reines, s'inventant une autre vie pour s'évader d'un quotidien devenu trop étouffant.
Mais les souvenirs sont tenaces et les choses pourraient ne pas se passer comme prévu...

Un roman authentique, teinté de notes autobiographiques, qui est à la fois mordant et émouvant.
Le père tisse une "prison" autour de cette propriété, fait trimer ses enfants sans relâche, allant même jusqu'à les retirer de l'école le samedi!
L'écriture est acerbe et en même temps teintée de nostalgie. Les sentiments de Guillaume sont ambivalents, sous la haine, sous la violence, on sent tout de même un étonnant attachement, ou tout du moins une certaine dépendance.
Il y a d'une part le tyran, ce père aux limites de la folie, incohérent et imprévisible; de l'autre, une mère qui n'intervient pas, semble tacitement donner raison à son époux, une femme dans l'ombre qui, une fois son époux décédé, se révèle pleine de ressources, de force et qui a de la suite dans les idées. Ne tient-elle pas tête à tous? En particulier à son fils? Ne lui envoie-t-elle pas cet album intelligemment confectionné pour manipuler son rejeton?
C'est un roman touchant qui m'a rappelé par certains aspects Profession du père de Sorj Chalandon.
L'auteur y aborde de nombreux sujets: folie, maltraitance, souvenirs de famille, nostalgie, dualité de sentiments... avec beaucoup de finesse et de retenue.
A découvrir!

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