lundi 17 février 2014

En finir avec Eddy Bellegueule d'Edouard Louis

Date de parution : 02/01/14
Éditeur : Seuil
ISBN : 978-2-02-111770-7
Nb. de pages : 219 pages
Prix: 17€

Note: 3/5

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Quatrième de couverture:

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année.
Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici". En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût.
Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.
Un roman sans concession...
Lorsque son père a choisi "Eddy" comme prénom pour son fils, c'était en espérant qu'il soit fort, un homme, un vrai: couillu et viril. Au lieu de ça, Eddy Bellegueule est un garçon fluet, qui pousse des cris aigus incontrôlés, avec des manières de "filles". Cela fait de lui la risée du village, la honte de son père, la victime idéale des moqueries d'école.
Pour autant, Eddy n'est pas un être faible, s'il a conscience de sa "différence", il prend tout sur lui et a un regard lucide sur ceux qui l'entourent. Son seul tort, sa "tare" est d'aimer les hommes. Oh, il essaye de combattre cette "anomalie", il se force à agir comme le garçon que ses parents aimeraient qu'il soit: il essaye de se faire des copains, de jouer au foot, de fréquenter des filles mais sa nature le rattrape au galop et son corps, ses fantasmes se rappellent à lui.
Quelle(s) solution(s) pour Eddy Bellegueule?
 
 
Qui n'a pas encore entendu parlé de ce roman? Véritable phénomène de ces dernières semaines, je ne pouvais donc pas passer à côté. J'ai donc lu En finir avec Eddy Bellegueule, en une après-midi pour être exacte. Roman court: 219 pages, constitué de nombreux chapitres/anecdotes, c'est un livre qui se lit vite.
Je n'ai pas voulu me laisser influencer par ce qu'on a pu dire sur l'auteur ou sur son contenu, aussi, je l'ai lu sans a priori.
C'est un roman actuel, abordant le sujet de l'homosexualité sans concession, sans détour, crûment, abruptement. Un roman qui peut heurter parfois tant les détails sont "poussés", un roman brut, qui n'épargne personne ni les parents ni Eddy lui-même. Eddy qui se raconte sans détour, qui va jusqu'à raconter ses humiliations, ses pensées les plus intimes, même celles que l'on penserait inavouables.
Si l'on pourrait penser à un roman sans pudeur, je l'ai surtout vu comme un roman cathartique. Certains pourraient être mal à l'aise, se sentir comme des voyeurs, je pense que ce que voulait surtout Edouard Louis, c'est que le lecteur se sente comme Eddy au moment des faits, qu'il ressente l'écœurement, la dualité des sentiments, les malaises, les odeurs...
Cependant, si le fond ne m'a pas dérangée, l'écriture elle, me pose davantage de soucis, j'ai parfois eu du mal avec le style de l'auteur qui, sur certaines scènes, porte son regard d'homme et non celui de l'enfant qu'il était alors (comme la scène de la grange...). Cependant, je pense avoir compris l'essence de ce livre et pourquoi il a fait tant couler d'encre autour de lui: En finir avec Eddy Bellegueule est en effet un roman bouleversant d'honnêteté et c'est ce que je retiendrai de cette lecture.

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