samedi 30 janvier 2016

Les indociles de Murielle Magellan

Date de parution : 07/01/2016
Éditeur : Julliard
ISBN : 978-2-260-02411-8
EAN : 9782260024118
Format : Grand Format
Présentation : Broché
Nb. de pages : 230 pages
Poids : 0.3 Kg
Dimensions : 13,4 cm × 20,7 cm × 2,1 cm
Prix: 19€

Note: 4/5

Quatrième de couverture:

Olympe est une galeriste aussi ambitieuse que talentueuse dont l'existence se partage entre Paris et New York. Sa vie sentimentale consiste à séduire indifféremment hommes et femmes, pour se lasser aussi vite, sans se soucier des ravages qu'elle provoque. Lorsqu'elle rencontre Paul, un scientifique pointu, père et mari fidèle, au coeur pur, elle tente dans un premier temps de ne pas chercher à inscrire cette nouvelle proie à son tableau de chasse.
Elle l'incite plutôt généreusement à acheter une toile d'un artiste inconnu pour lequel elle s'est prise de passion. Ce peintre ignoré, vieil homme nommé Solal, vit tel un ours à Perpignan, dans le quartier gitan, rétif à la moindre compromission et forcément allergique au jeu des mondanités parisiennes. Convaincue qu'il s'agit d'un génie, Olympe se lance comme défi, aidée par sa jeune stagiaire Khalia, de le faire connaître de tous.
Et pour convaincre un homme aussi intègre et hors des modes que Solal, il lui faudra déployer toute son énergie. Tout comme pour attirer Paul dans ses filets, car son désir et son instinct de prédatrice se sont remis en marche. Mais rien n'arrête Olympe, surtout quand l'enjeu paraît inaccessible. Dans ce roman d'une grande finesse psychologique, au style nerveux, presque musical, Murielle Magellan dresse le portrait plus vrai que nature d'un Dom Juan au féminin, créature irrésistible et vénéneuse, toute en contradictions, capable à la fois de mettre à la lumière, contre l'avis de tous, un artiste ignoré et méprisé, et de se consumer d'amour pour un homme en quelques semaines.
En cela, elle est une indocile, un être qui ne se range finalement dans aucune case, comme le sont aussi, à leur façon, Paul, Khalia et Solal. Les Indociles, qui nous livre au passage une réflexion sur la création, décrit surtout le jeu subtil entre légèreté, engagement et liberté, et n'est pas sans rappeler Les Liaisons dangereuses. Bien que, dans ce cas précis, Valmont soit une femme.
 
Olympe est une femme ambitieuse qui a réussi à s'imposer dans le cercle très fermé des galeristes de renom. Jeune, sensuelle, c'est avant tout et surtout une femme qui sait ce qu'elle veut et qui ne lâche rien avant de l'avoir obtenu. Olympe n'a pas eu un départ facile dans la vie, victime d'un évènement traumatisant. Élevée par un père absent, c'est seule qu'elle s'est construite, se forgeant au passage un mental d'acier.
Olympe, c'est également une femme qui aime la chair et qui aide combler ses besoins quand bon lui semble. Même dans ce domaine là personne ne lui résiste. Les hommes, les femmes se succèdent dans son lit. Mais Olympe ne s'attache pas, pas le temps, pas l'envie.
Elle découvre alors un artiste inconnu dont les toiles la bouleverse: Solal va devenir son nouveau poulain coûte que coûte.
C'est par hasard qu'elle rencontre Paul qui est venu chercher un cadeau pour l'anniversaire de sa femme. Un homme qui est aux antipodes de ce qu'elle recherche. Mari fidèle, aimant, respectueux, étonnamment, Olympe voit en lui un ami potentiel.
La vie si bien réglée de la jeune femme bascule alors de même que ses certitudes.
 
Si les premières pages du roman m'ont dérangée, Olympe a vécu quelque chose d'abominable et les pages où l'auteure aborde ce sujet m'ont vraiment mise très mal à l'aise, j'ai beaucoup apprécié la suite de ma lecture. L'univers d'Olympe partagée entre son amour inconditionnel de l'Art, sa finesse, sa sensibilité artistique et ses diverses conquêtes, sa fonctionne plutôt bien. J'ai aimé le rôle de Paul qui fait vaciller la belle assurance d'Olympe, le personnage torturé de Solal, les différentes ambiances.
Si pour moi, la comparaison avec les Liaisons dangereuses est un peu trop convenue, je trouve qu'Olympe est davantage une Dom Juan au féminin, ça sans aucun doute. Olympe veut croquer, elle croque. Elle veut, elle obtient.
Un personnage haut en couleurs, qui n'a pas sa langue dans sa poche ni le reste, une écriture incisive, franche, pas de concession, tous les ingrédients se mêlent parfaitement et la lecture est ma foi plutôt bonne.
A découvrir!

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