Le murmure des sorcières de Marianne Renoir

Date de parution : 30/01/2019
Éditeur : École des Loisirs (L')
Collection : Neuf
ISBN : 978-2-211-23950-9
EAN : 9782211239509
Format : Grand Format
Présentation : Broché
Nb. de pages : 160 pages
Poids : 0.234 Kg
Dimensions : 15,0 cm × 21,8 cm × 1,3 cm
Prix: 13.50€

Note: 08/20 

Résumé:

On a beaucoup écrit sur les sorcières. Mais ce qu'on trouve dans les livres n'est qu'un tissu de mensonges. D'abord, contrairement à ce qu'a affirmé un certain Pierre Gripari, il n'y a jamais eu de sorcière qui voulait absolument manger une petite fille à la sauce tomate rue Mouffetard. La raison en est simple : les sorcières sont végétariennes. Vous ignorez sans doute aussi que les sorcières descendent du dragon de Komodo – c'est d'ailleurs la raison pour laquelle elles naissent avec un balai en guise de queue qui, une fois coupé, leur permet de voler. Lorsque la petite Kaï, contrainte de quitter son île natale, s'installe à Paris avec le reste de son peuple, elle est loin de se douter qu'elle va échanger sa vie avec celle d'une jeune humaine nommée Marie-Astrid...

L'histoire d'une petite sorcière qui un jour, contrainte de devoir quitter la sécurité de son île, s'envole avec ses semblables vers Paris où elle fait la connaissance d'une petite fille à laquelle elle ressemble beaucoup. Les deux demoiselles vont inter-changer leur place et apprendre davantage sur la vie l'une de l'autre.

Bon, je vais essayer de faire ma chronique le plus objectivement possible mais j'ai vraiment été très dérangée par cette lecture... ce qui est extrêmement rare chez moi.

Commençons par les points positifs:

- La sublime couverture qui donne envie de se jeter sur ce roman.
- L'idée de présenter les sorcières autrement comme un mini-documentaire pour faire taire certaines idées reçues avant d'intégrer l'une de ces sorcières au monde humain.
- Le message d'intégration et l'amitié qui lie Kaï et Marie-Astrid.

Malheureusement ce programme intéressant est, selon moi, gâché par des scènes et détails assez dérangeants...

Le premier point qui m'a fait "bondir": le fait que les sorcières naissent "en sortant des fesses" élément qui n'est pas un détail et qui est répété plusieurs fois. Entre 9 et 12 ans, on apprend comment sont conçus et naissent les enfants aussi c'est plutôt "particulier" de préciser cela. Là nous sommes loin de l'humour pipi-caca et l'écriture de l'auteure n'est pas dans un registre bas (c'est plutôt le contraire) donc ça a d'autant plus d'impact.
L'auteure va encore plus loin en précisant que les sorcières "savent faire leurs bébés toutes seules" (pourquoi pas mais est-ce nécessaire, encore une fois, pour un roman 9-12 ans? je pose la question). 

Deuxième point, une scène où une héroïne demande à un petit camarade de montrer son zizi (??????) me dérange grandement. Alors, certes, le jeune garçon ne le fait pas mais tout de même... Si c'était un roman qui parlait d'un sujet difficile et dont l'objectif était de mettre en garde mais non, ce n'est pas ça.

Je ne suis pas du tout étroite d'esprit  et, il suffit de lire mes chroniques pour savoir que je lis des romans sur tous les sujets, que je n'ai jamais d'a priori mais là, je suis désolée, ça ne passe pas du tout. Si ces éléments ne sont pas essentiels à l'histoire, pourquoi écrire ce genre de chose? Si encore cela servait d'une façon ou d'une autre le contenu mais non. 
Le sujet est sympa, l'idée originale mais je suis passée totalement à côté à cause de ces éléments. J'ai bien conscience que je prends tout cela à cœur mais j'ai été libraire onze ans et je sais que même si les enfants font eux-mêmes le tri de ce qu'ils tolèrent ou pas (je suis maman et je travaille depuis 3 ans avec des ados, je parle donc en connaissance de cause), les parents ou grands-parents qui achètent les livres font, en général, attention au contenu. Alors déformation professionnelle, excès de censure (ce dont je doute parce que je ne suis pas quelqu'un d'hermétique) ou pas, je ne peux pas faire taire mon ressenti.

Ma vision d'un livre? On peut (presque) tout écrire, tous les sujets peuvent être abordés (on est libre d'adhérer ou non) mais ce qui est écrit doit servir le contenu pour comprendre comment les héros en sont arrivés à agir de telles ou telles manières, comment ils sont devenus ce qu'ils sont etc. Selon moi (j'insiste car mon point de vue est évidemment subjectif), ici ce n'est pas le cas. 

J'ai hésité avant d'écrire cette chronique mais il m'a semblé essentiel d'être le plus honnête possible. Vous êtes évidemment libres de ne pas être d'accord avec moi ou trouver que j'en fais trop mais au même titre que je respecte les avis qui divergent des miens, j'espère que vous me comprendrez.

Commentaires

  1. Belle chronique ! au moins on s'est à quoi s'attendre si on souhaite le lire. Pour ma part, je passe mon tour à cause des éléments que tu mentionnes, je trouve ça un peu ridicule. Dommage car l'idée d'un mini-documentaire était intéressante.
    Bonne fin de journée !

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    1. Merci pour ton retour, j'avoue que je marche sur des œufs dans ce cas là mais c'est bon, on ne peut pas tout aimer... Bonne fin de journée à toi aussi^^

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  2. Bonjour je me permets du coup d’exprimer mon désaccord
    Vous êtes choquée que les petites sorcières naissent par les fesses parce qu "entre 9 et 12 ans, on apprend comment sont conçus et naissent les enfants"... mais il est ici question de sorcières et non pas d'enfants humains ! Une part de l’intérêt du livre réside dans la rencontre de deux sociétés très différentes l’une de l’autre. Le mode de naissance des petites sorcières constitue un renversement et un détournement amusants des naissances humaines, et ne suppose nullement une méconnaissance ou une négation de la réalité de ces dernièrs. De même des sorcières peuvent très bien faire des bébés toutes seules ! Elles forment une société à la fois exclusivement féminine et heureuse et pacifique : il y a ici, me semble-t-il, quelque chose de subversif et réjouissant.
    Et pourquoi tous ces points d’interrogation après « zizi » ? Ce terme vous semble choquant ???
    « ce qui est écrit doit servir le contenu pour comprendre comment les héros sont devenus ce qu'ils sont ». Si les auteurs n’avaient aucun droit aux digressions amusantes, aux descriptions poétiques et à la fantaisie, leurs livres seraient bien tristes.
    le livre de Marianne Renoir est magnifique, ma fille l’a adoré

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    1. Bonjour, je comprends et respecte votre point de vue. Oui, vous raisonnez comme une adulte et vos arguments sont compréhensibles. Le mot "zizi" ne me choque nullement, ce qui me choque est que l'on demande à un garçon de montrer son "zizi". C'est un respect de l'intimité au même titre que l'on ne demande pas à une petite fille de montrer son sexe. Les enfants sont curieux oui mais cela ne leur permet pas tout. Vous n'avez pas compris mon propos, ce n'est pas grave. Comme je l'ai dit, je respecte tous les avis et j'ai bien dit à plusieurs reprises que ces remarques n'engageaient que mon point de vue. C'est bien si votre fille a aimé, tant mieux, heureusement que tous les goûts sont dans la nature, mais j'ai le droit de dire que je n'adhère pas.

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  3. Oserai-je avouer que les "détails dérangeants" ne m'ont pas
    dérangé... et qu'en fait ma fille de 7 ans les a même énormément
    aimés ? Elle a compris qu'on ne naît pas par les fesses, et, comme chez
    tous les enfants de son âge, les non-dits pudiques créent chez elle
    une attente. Dans le conte de Marianne Renoir, les détails,
    "dérangeants" ou autres, répondent magistralement à ce type
    d'attente. C'est un véritable tour de force imaginatif et littéraire,
    pour lequel j'aurais du mal à mettre une autre note que 20/20 !

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    1. Je comprends vos arguments. Je suis maman, je ne fais pas de "non-dits pudiques", pour reprendre vos termes, avec mes enfants. Je suis quelqu'un qui est tout sauf "prude" ou autre et si vous lisiez mes chroniques, vous verriez que je lis de tout, sans a priori, sur tous les sujets. Ce qui m'a dérangée est que le livre avait tout pour me plaire et plaire à mes enfants mais, ces éléments ne me conviennent pas par rapport au sujet du roman. Je n'ai pas dit qu'il était mauvais j'ai dit qu'il me mettait mal à l'aise. Mon fils de 11 ans que j'ai interrogé pour voir si ça venait de moi, m'a confirmé être mal à l'aise aussi. Ce n'est pas parce qu'on a un regard d'adulte que l'on doit croire que nos enfants comprennent les choses comme nous. Oui, les enfants sont intelligents, n'aiment être pris pour des imbéciles et ont de l'humour; cependant, certaines choses peuvent les mettre mal à l'aise. J'ai simplement dit que ces éléments n'avaient pas POUR MOI leur place. Cela n'engage que moi, c'est simplement MON point de vue et comme c'est mon blog et que je parle de mes lectures, je donne un avis qui m'est propre auquel on est libre d'adhérer ou non.

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  4. Je suis en train de le lire et je tique sur les mêmes points. Bon que les bébés sorcières naissent par les fesses passe encore on est dans l'imaginaire. Mais il y a des phrases qui me dérangent : un enfant de 3 ans aurait pas l'intelligence dun demi chihuahua... Euh ok. Sans parler des idées bien vieillottes du style faut souffrir pour être bien peignee... pfiou c'est d' un dépasse. Je ne my retrouve pas. Je continue par respect mais jai limite envie d'abandonner. Et le pire c'est que je nen suis pas à la scene où il faut montrer le zizi. Par contre juste un point si c'était un garçon qui demandait à une fille de montrer sa zezette... excusez moi mais là tout le monde crierait au scandale!!!

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    1. Et oui, tu soulèves aussi deux éléments dérangeants de plus qui confirment mon ressenti. Je te remercie pour avoir ajouté ton commentaire en tout cas. Belle journée chère Lael.

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